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Question de parents- Les relations dans la fratrie!!

Mes enfants se sont beaucoup disputés quand ils étaient petits et je me suis souvent sentie démunie devant ces conflits… Parfois je me disais que s’ils se disputaient, c’était qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas dans ma façon d’être avec eux!

L’avantage d’animer des ateliers de parents, et de rencontrer d’autres fratries, c’est que j’ai pu me rendre compte que tous les enfants se disputent!  Cela fait partie de la vie! Par ailleurs  j’ai pu remarqué que les enfants d’un âge donné vivaient le même type de dispute!

« Maman prends-le il me gêne », dit une petite fille de 4 ans lorsque son frère de 1 an attrape ses jeux. Nous aimerions tellement que nos enfants s’aiment, qu’ils ne disent pas ce genre de phrases. Et pourtant, quand on a 4 ans et qu’on a installé tout un jeu, on n’a pas envie de le voir détruit! Et c’est vrai qu’un bambin de 1 an adore explorer le monde, et il touche à tout! Par ailleurs, à cet âge ils adorent faire la même chose que le grand: ils sont toujours attirés par l’endroit où il est: ça ne l’intéresse pas d’aller jouer à un autre endroit.

Nous pouvons commencer par de l’empathie pour chacun: « Tu n’as pas envie qu’il vienne démolir ta construction ». Et: « quand tu vois ces belles constructions, c’est exactement là que tu as envie d’aller, sauf que ta soeur n’est pas d’accord. »

Puis nous pouvons aider notre aînée à trouver des ressources pour qu’elle puisse être tranquille dans ses constructions. « Où vas-tu t’installer pour être tranquille?dans ta chambre, sur la table? »

Nous pouvons aussi empêcher le petit frère l’aller détruire les constructions: « Stop, ici c’est l’endroit de ta soeur ». Il risque d’être fâché, ça vaut le coût d’accueillir: « tu avais très envie de toucher aux jeux de ta soeur ». Puis lui proposer quelque chose de chouette pour lui.

Et la réciproque est vraie aussi: si c’est elle qui lui arrache son jouet, (le jouet avec lequel l’autre joue, est toujours celui qui fait le plus envie): « Stop, c’est le jeu de ton frère »

 

Parfois aussi elle lui fait des bisous très appuyés: « mon petit frère que j’adore »…Et oui, pas toujours facile d’avoir un petit frère: elle aimerait parfois qu’il ne soit pas là…Il prend beaucoup de place et elle a moins de temps seule avec maman.

On peut le lui dire: « C’est énervant parfois d’avoir un petit frère hein? » Parfois, nous craignons de le dire car nous avons peur que cela renforce le comportement. En réalité, c’est le contraire qui se passe: en mettant des mots sur ce qu’elle ressent, nous lui donnons la permission de ressentir de l’agressivité…c’est un sentiment humain. Elle n’aura plus besoin de le refouler.

Et puis quand c’est trop fort, nous pouvons dire : « Stop, il a mal ».

Ces accompagnements des conflits permettent de développer leur intelligence émotionnelle et relationnelle: les enfants prennent conscience de ce qui se passe en eux et de ce qui se passe chez les autres.

Cela nous invite aussi à la patience: les enfants ont besoin de temps pour maîtriser leurs gestes, prendre du recul par rapport aux émotions.

Question de parent- mon enfant est rejeté…

« Ma fille de 3 ans veut jouer avec d’autres, mais le groupe le rejette brusquement: « non, on ne veut pas jouer avec toi! »
C’est toujours dur pour une maman de voir son enfant arriver tout avenant vers d’autres enfants et se faire rejeter!!!
C’est chouette que nos enfants essaient de s’intégrer à un groupe…. et le groupe a le droit de répondre non.
Et c’est dur quand on est humain d’avoir envie de faire partie d’un groupe et que le groupe n’ait pas envie de nous….J’ai des souvenirs de moi, enfant, n’osant parfois même pas demander de jouer avec des enfants de peur de ne pas être acceptée: je préférais parfois rester seule que prendre le risque d’entendre un non…souvent un peu fort quand c’était de la part d’autres enfants….
Et en même temps ça fait partie de la vie…
Quelles pistes?
…..Accueillir avec empathie ce que vit notre enfant, ça lui permet de mettre des mots sur les émotions qu’elle doit traverser: « Mince, ils ne veulent pas que tu joues avec eux… »

……Partager ce qu’on vit adulte ou ce qu’on a vécu enfant quand on était rejeté par un groupe: « Moi aussi, un jour quand j’étais petite, je voulais jouer avec des filles dans la cour et elles ont crié: « Non pas toi »…Alors je me suis sentie très mal à l’intérieur: un mélange de tristesse, de colère et de honte….. »

Partager nos vécus douloureux avec nos enfants leur permet prendre conscience que tous les humains ressentent la même chose. « Ce que je ressens de très désagréable à l’intérieur de moi, mon parent l’a ressenti aussi, je ne suis donc pas anormal… »
…..Lui demander aussi comment on peut l’aider: « Veux-tu que je vienne avec toi leur demander? ou veux-tu que je fasse un jeu avec toi.
Une astuce que j’ai utilisée avec Théophile (5ans), c’était d’aller avec lui demander au groupe d’enfants s’ils étaient d’accord qu’il joue avec eux, en leur disant qu’il en avait très envie. Parfois je négociais les conditions (à condition qu’il ne touche pas à ça…). Cela lui permettait d’avoir le mode d’emploi (comment on demande à un groupe), et de ne pas être seul en cas de refus….et le plus souvent le groupe acceptait! Quand on demande, sans être dans l’exigence, on a plus de chance que l’autre accepte volontiers….

 

 

De la culpabilité à la responsabilité….

J’ai laissé pleuré ma fille aînée quand elle était tout bébé pour qu’ « elle fasse ses nuits »; je lui ai mis une fessée pensant que c’était nécessaire pour qu’elle sache qu’elle avait dépassé la limite. En lisant le livre « La Fessée » d’Olivier Maurel, j’ai pris conscience de l’impact de mes gestes sur ma fille…Comment se sentir aimée lorsque la personne qui nous protège se met à  nous faire mal? Comment se sentir importante lorsqu’on pleure seule dans son lit?

Pendant toute une période, j’ai culpabilisé: je ne suis pas une « bonne mère », j’ai fait du mal à ma fille. Si aujourd’hui, elle a des angoisses, c’est à cause de tout ça…

Lorsque nous culpabilisons, nous nous centrons sur nous: la culpabilité, c’est une énergie que nous retournons contre nous-mêmes.

Et si la culpabilité avait du bon? C’est un sentiment tellement désagréable à ressentir qu’il nous sert de garde fou. C’est grâce à ce sentiment que nous pouvons ajuster notre comportement à l’autre!

Lorsque nous tournons en rond, dans notre culpabilité, nous nous faisons du mal à nous-même. Mais lorsque nous prenons la responsabilité de ce que nous avons fait, nous sortons de la culpabilité et nous nous mettons au service de la relation, pour davantage de vie entre nous!

J’ai d’abord eu à me pardonner à moi-même! A ce moment là, je faisais du mieux que je pouvais avec les informations que j’avais…et puis, je reproduisais des gestes que j’avais reçus enfant.

Puis, j’ai pris la responsabilité de ce que j’avais fait: « je t’ai laissée pleurer toute seule quand tu étais tout bébé, tu étais terrorisée. Tu avais tellement besoin de réconfort et de ma présence. » Un petit truc pour prendre la responsabilité: décrire les faits, les émotions et les besoins de l’autre!

Et ensuite nous pouvons proposer une réparation: « Je te propose de te faire des massages tous les soirs ». La réparation est au service de la relation!

Quand nous faisons honte à notre enfant:  » Non mais, de qui tu te moques? T’as vu où elle traîne ta selle? », il peut se sentir mauvais à l’intérieur « je ne suis pas capable de prendre soin du matériel »….et rester avec cette idée pendant longtemps! Difficile d’être disponible pour d’autres expériences de vie quand cette petite phrase trotte ans notre tête!

Permettons à nos enfants de ne pas entrer dans la culpabilité, en leur donnant la permission de faire des erreurs et en leur proposant une réparation!

« La selle de ton cheval traîne par terre. Elle est toute sale! Comment vas-tu faire pour qu’elle soit propre: la secouer? lui passer un coup de chiffon? »Un truc: décrire le problème sans juger, proposer des choix de réparation. L’enfant réfléchit, son néocortex mature et il prend la responsabilité de ce qu’il a fait!

Quand nous pouvons réparer, nous pouvons sentir la joie de contribuer, puis nous pouvons passer tranquillement à la suite de notre vie!

 

 

 

 

 

Au lendemain des attentats….
Je suis touchée par ce qui s’est passé à Paris…ces morts, cette violence, ces blessés, ces familles en deuil, qui pleurent un être cher à qui ils n’ont pas pu dire au revoir…
Je suis particulièrement touchée parce que ça se passe dans mon pays, dans une ville que je connais, où des amis vivent……et je sais aussi que ces drames ont lieu dans mille autres endroits, sur la planète.
J’aimerais pouvoir me laisser toucher par ces terroristes, manipulés, désespérés à ce point, que leur seule raison de vivre (et mourir) est de tuer le maximum de personne et de se priver du cadeau qu’est leur vie par la même occasion…
Je ne crois pas qu’il soit possible de venir sur terre en voulant tuer des autres humains.
Comment un petit nouveau né peut-il devenir vingt ans plus tard un terroriste?
Quelle est la responsabilité de notre monde, de notre société….et aussi de moi-même dans cette horreur???
Tout comme dans la relation avec mes enfants, je ne veux pas vivre dans un monde où une force punitive « gagne » sur une autre force… 

Tout comme avec mes enfants, je crois en l’usage protecteur de la force….ce lieu où ma seule intention, quand j’utilise ma force est de protéger mon enfant, sans le détruire.Comment vivre cet usage protecteur de la force à l’échelle de plusieurs nations? 

Je crois que la paix dans le monde commence par la reconnaissance de la violence à l’intérieur de moi.
J’entends parfois à l’intérieur de moi, ces mots « Il va payer pour ce qu’il m’a fait subir », concernant un enfant, mon mari, ou une autre personne….et je sais que cette pensée est la même graine que celle qui va vers la guerre…Plus que jamais, j’ai envie d’accueillir cette voix, de prendre soin de moi, pour ensuite me tourner vers l’autre…
« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde » dit Nelson Mandela…
Nous savons tous aujourd’hui qu’il est urgent d’inventer une autre façon de vivre ensemble…et j’ai à coeur de commencer à apprendre à vivre « comme des frères » dans ma propre famille.
Nous découvrons que nous sommes tous connectés, que chacun de nous est un hologramme de l’univers ….
Alors je crois profondément qu’à chaque fois qu’un humain vit davantage en conscience ses relations, cela impacte l’humanité tout entière…

Merci à tous ceux qui l’ont fait avant moi et à tous ceux qui y travaillent aujourd’hui…..

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